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Vendredi midi, le thermomètre indique au moins -52 Celsius ; j’attends patiemment pour faire changer mes pneus au garage. Je m’ennuie un peu, alors j’attrape la première revue qui me tombe sous la main dans la salle d’attente et je vois ce titre:

Ma fille est boulotte. Dois-je la mettre au régime ?

Je me suis soudainement sentie envahie d’un mélange de tristesse, d’indignation et d’incrédulité. Le magazine a beau dater de 2014, il ne provient pas des années 1980, quand même ! Que ce soit une question réelle posée par une lectrice, j’en doute fort. Mais l’équipe de rédaction a tout de même trouvé pertinent de mettre de l’avant le RÉGIME comme solution au surpoids d’un enfant. L’idée me fait dresser le poil des bras, des jambes et des oreilles ! Les régimes sont non seulement inefficaces, mais aussi dommageables physiquement et émotionnellement.

Vous vous rappelez LE régime que vous avez suivi à la lettre et qui vous a ENFIN amenée à votre poids santé et qui n’a plu jamais requis d’effort de maintien ni occasionné de rechute ? Moi non plus…

 

Mon passé de petite fille boulotte…

Je ne suis ni nutritionniste ni médecin, mais je parle en connaissance de cause. J’ai eu un surplus de poids pratiquement toute ma vie et je me suis rendue à un stade obèse à l’âge de 22 ans. Grâce à un changement d’alimentation permanent et à un mode de vie actif, je me suis délestée de mes livres en trop et je suis en meilleure forme que jamais.

Tout cela, je l’ai fait à l’âge adulte. Je me suis informée, j’ai suivi des formations, j’ai lu des livres et j’ai cherché du soutien chez les spécialistes de la santé. C’était une initiative personnelle et rationnelle de la part d’une adulte.

Enfant, je n’avais pas la maturité ni les connaissances pour comprendre que mes comportements alimentaires n’étaient pas adéquats. Même si l’activité physique n’était pas particulièrement présente dans notre routine familiale et qu’on ne mangeait ni très santé ni très mal, j’étais la seule enfant de la famille à être en surpoids.

Et je m’en voulais. C’était clairement de ma faute.

Je me souviens les horribles séances de magasinage où ma mère m’amenait dans des boutiques pour femmes (à 13 ans, c’est pas la gloire !) puisque les Dynamite et autres marques « jeunes » ne me faisaient pas. Bien que ses intentions étaient bonnes, elle disait toujours aux vendeuses que sa fille était ronde et qu’on cherchait quelque chose pour « cacher tout ça » : mon ventre, mes cuisses, mes gros bras.

L’humiliation devant des inconnus au centre d’achats, l’angoisse que rien n’allait me faire, les commentaires sur le poids que je devais perdre pour rentrer dans mon linge…

Sans qu’on m’ait demandé explicitement de faire un régime, je me souviens que les commentaires sur mes portions ou sur mes choix de desserts n’allaient que « coller au couteau, coller aux fesses ». Les fois où je faisais des choix sains parce que j’essayais fort de maigrir, personne ne le voyait alors je retournais à mes anciennes habitudes.

J’étais tellement honteuse.

Parfois, je voyais des régimes dans les magazines pour femmes dans la salle d’attente chez le dentiste, chez le médecin. Chaque fois, je me disais que j’allais le suivre à la lettre et perdre tout ce poids qui m’empoisonnait la vie.

Évidemment, je vivais échec après échec. Toute ma famille était en santé et pas moi.

J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans cet état constant de haine de moi-même parce que tout ce qu’on montrait à l’époque c’était que la grosseur, il fallait la cacher, il fallait affamer son corps pour le rendre mince et c’était normal de culpabiliser son enfant s’il mangeait un Jos Louis après l’école.

« Oui, mais quand on aime son enfant, on veut le voir en santé »

Je suis 100% d’accord avec cette phrase! Mais ce qui arrive, c’est qu’on confond « santé » avec « image ». Ce n’est pas être en mauvaise santé qui est mal perçu. Trop souvent, c’est la grosseur comme attribut physique et esthétique.

Si votre enfant a un surpoids ou est obèse, ce n’est pas à coup de régimes, de jugements et d’allusions peu subtiles qu’il va « se prendre en main ». Car, sans un soutien au quotidien, l’enfant va au contraire se renfermer sur lui-même, se rendre responsable de sa condition et continuer à adopter des comportements destructeurs pour sa santé et pour son estime personnelle.

Votre enfant n’a pas la capacité de rationaliser comme un adulte et de gérer son alimentation, ses émotions et son niveau d’activité physique sans un soutien familial solide. Après tout, c’est vous qui faites l’épicerie, c’est vous qui décidez des activités auxquelles vous voulez que votre enfant participe ; c’est vous qui donnez l’exemple.

Au lieu d’imposer un régime…

Au lieu de mettre votre enfant au régime, il y a un tas de trucs que vous pouvez faire qui ne vous demanderont pas tellement plus d’énergie et de temps. Les suggestions suivantes vont, au contraire, renforcer votre relation avec votre enfant et encourager de saines habitudes pour toute la famille.

  • Ne tentez pas de « faire comprendre » à votre enfant qu’il a un problème par le biais de commentaires. Il ou elle le sait déjà. Discutez-en ensemble. Est-ce que ça le dérange ? Est-ce qu’il vit de l’intimidation à l’école. Est-ce que l’enfant aimerait avoir un coup de main ? Soyez une ressource. Soyez compréhensif face à sa situation et évitez les jugements.
  • Prêchez par l’exemple ! Ayez des aliments nutritifs à la maison et encouragez une relation saine face à la nourriture. Faites des recettes avec votre enfant, expliquez-lui pourquoi vous choisissez tel aliment plus qu’un autre.
  • Gardez les sucreries hors de portée et sortez-les pour des occasions spéciales. Ce serait injuste de priver un de vos enfants de chocolat quand tout le monde en prend juste parce que celui-ci doit perdre du poids. Encore une fois, il s’agit d’instaurer des habitudes saines au quotidien et de les appliquer à toute la famille.
  • Établissez une routine qui favorise l’activité physique chez tous les membres de la famille. Essayez différents sports et activités qui pourraient plaire à votre enfant. Encouragez-le à s’inscrire ou à en faire une pratique régulière parce que c’est plaisant et que c’est une expérience positive pour l’enfant. Pas parce que « ça va faire perdre du poids ». Cet argument met l’accent sur l’objectif de l’exercice comme étant d’atteindre un certain poids et non sur le maintien d’une bonne santé sur le cours d’une vie.
  • Regardez des documentaires intéressants sur l’alimentation (je pense à Radio-Canada et à Netflix qui en proposent beaucoup !). Passez une soirée spéciale avec vos enfants et discutez des problématiques soulevées dans le film.
  • Consultez des spécialistes outillés pour vous aider dans ce changement de mode de vie. Allez voir un médecin, un nutritionniste, un psychologue, ou un coach qui se spécialise dans la santé des enfants. Il se peut que le problème soit plus sérieux que vous ne le croyez. Si votre enfant mange ses émotions, ça peut être pour une panoplie de raisons. Dans un cas où l’enfant compense un manque affectif par la nourriture, il y a peu de chances que vos efforts pour lui inculquer des habitudes saines durent dans le temps. Faites-vous aider pour que les changements soient positifs et durables.

Est-ce que vous parents vous ont déjà « mis au régime » ? Avez-vous des enfants qui ont un surplus de poids que vous avez encouragé à faire une « diète » ?


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