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Je suis Jessika, éducatrice depuis plus de 10 ans, dans la même garderie, avec presque les mêmes collègues et sensiblement avec le même groupe d’âge chaque année. J’y mets tout mon coeur en ajoutant une petite touche de plus dans mon local, même si j’exerce le métier depuis tant d’années. Car dans ce domaine, il faut rester à jour pour avoir le cœur des touts-petits ❤️ Tout ce qu’il faut pour être « bien dans ses pantoufles ».

Arrive une pandémie…

Le 13 mars 2020 arrive. Toutes nos vies changent. La routine des enfants changent. Nous apprenons que les garderies ferment.

Finalement, ce sont les écoles qui ferment, mais les garderies restent ouvertes en service d’urgence. Le sentiment d’alerte est tombé : nous, éducatrices, sommes au premières lignes pour s’occuper des enfants de ceux qui travaillent dans les services essentiels ( infirmière, médecin, policier…).

Nous recevons des directives différentes à chaque jour. Tout est nouveau. Et on le comprend, car nous n’avons jamais eu à affronter de pandémie auparavant.

Mon conjoint et mes enfants, confinés, sans école et sans travail, ne comprenaient pas tout ce qui se passait. Je suis devenue leur pallier de vie « sociale » en étant la seule à aller au travail et revenir avec une épicerie à désinfecter.

D’un côté, je suis bien heureuse de n’avoir jamais arrêté de travailler. Ça m’a permis de continuer de côtoyer des humains à l’extérieur de ma bulle et d’entretenir ma vie sociale. Car, sans mes super collègues, je ne sais pas si ça aurait été aussi « facile »… 

Plus ça change, moins c’est pareil

Au travail, nous recevons des directives différentes à chaque jour. Tout est nouveau. Et on le comprend, car nous n’avons jamais eu à affronter de pandémie auparavant. Malgré tout, nous sommes présentes, jour après jour, avec des enfants que nous ne connaissons pas puisqu’ils sont d’une autre garderie, fermée à ce moment là.

Nouveau formulaire. Nouvelle façon de travailler. Aucun équipement de protection… Nous devons même réduire le nombre de jouets disponibles pour éviter que les enfants s’attroupent tous ensemble.

«  Jessica, à cause du covid nous ne pouvons pas aller au parc avec nos autres amis de la garderie ». Mon coeur se brise en 1000.

Nous tentons de garder une distance avec ces petits êtres qui ne veulent qu’une chose: trouver un peu de normalité à la garderie en ces temps de crise. Mais on se rend vite compte que, finalement, les enfants ont une capacité d’adaptation beaucoup plus grande que nous, les adultes. Ils ont vite compris qu’ils devaient passer au lavabo plus souvent et que, dès qu’ils touchent à une chose, je dois la désinfecter. C’est même parfois eux qui me rappellent les consignes : «  Jessica, à cause du covid nous ne pouvons pas aller au parc avec nos autres amis de la garderie ».

Mon coeur se brise en 1000.

Ma nouvelle réalité

En mars dernier, nous avons dû faire la police pour savoir qui avait le droit au service de garde. Et combien de familles se sont butées devant des portes closes, faute de ne plus avoir de garderie lorsque le déconfinement est arrivé. Toutes ces familles en télétravail qui arrivaient en pyjama, laissant leur enfants sur le fly dans un «bonne journée » parce qu’ils étaient complètement dépassés. C’est pas ça la vie. Mais c’est maintenant ça notre réalité.

Ma capacité d’adaptation a été mise à rude épreuve pendant la crise

Mon cerveau de fille habituée de travailler d’une certaine façon a dû se renouveler plusieurs fois depuis mars dernier. Encore aujourd’hui, je dois faire face à l’inconnu, chaque jour. J’ai dû travailler sur mon mental pour ne pas exploser d’inquiétude et d’incompréhension face à tout ce qui change si souvent.

Ma capacité d’adaptation a été mise à rude épreuve pendant la crise : nos horaires changent régulièrement par manque de personnel et nous devons travailler parfois plus que 40h tout en s’occupant de nos propres familles (qui elles aussi doivent passer des tests et s’absenter pendant 2-3 jours). Mais on tient le fort!

Et maintenant ?

Je sais que je ne changerai pas le monde avec cette lettre, mais je trouve déplorable que nous ne soyons pas reconnu à la hauteur du travail que nous faisons. Tous ces travailleurs ont la chance d’avoir un endroit pour laisser leurs enfants être des enfants grâce à nous. À nos efforts pendant les pires mois de nos vies. En 2021, je peux officiellement dire qu’être éducatrice est une vocation plus qu’un emploi ordinaire. Il faut avoir du cœur au ventre et savoir danser sous la pluie lorsqu’il le faut.

Mais, au moins, pendant que je suis une éducatrice, je peux changer la vie de ses petits humains qui vivent pas toujours du rose à la maison. Je me rattache à leur satisfaction de me voir faire des niaiseries quand la séparation est difficile ou quand je vois une maman au bout du rouleau.❤️

Jessika


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